Soutenir les petits paysans et les produits naturels

Comme chaque année en France, le salon de l’agriculture fait bouger les médias en direction des professionnels du secteur agricole. Des voix s’élèvent, comme dans d’autres pays, et l’on se rend compte de deux choses :

Les paysans aiment énormément leur métier ; mais ils ne se sentent pas soutenus.

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BioCoin, une réponse à l’aide des “petits”

La situation de l’agriculture est telle qu’elle est très diversifiée : entre grandes exploitations, structures moyennes et très petites, entre méthodes intensives et approches plus naturelles, entre propriétaire ou locataire d’une parcelle, comment naviguer  ? Surtout, comment garder sa santé grâce à de bons produits ?
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Aujourd’hui encore, plus vous êtes petit, plus vous êtes le dernier à être financé par un banquier, lequel demande toujours d’énormes garanties, et qui refuse la plupart du temps un prêt à la hauteur du besoin. Qui plus est, si vous pratiquez une agriculture biologique, alors à ses yeux, vous passez encore pour un doux rêveur, au pire un “écolo” au sens péjoratif (limite bitnik 70). Imaginez alors si vous êtes un petit agriculteur bio local qui veut juste nourrir la population régionale d’une manière saine tout en respectant l’environnement !
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Une pratique naturelle, en dehors du cahier des charges AB, commence à se développer et l’on découvre de plus en plus d’adeptes de la permaculture. Or, dans ce domaine, il est difficile de tenir la distance économiquement au début. Mais comment expliquer les futurs bénéfices de cette approche à un banquier dont les directives sont toujours le profit quasi immédiat ?
Alors vous avez parfois comme recours – outre la solidarité familiale et amicale – de lancer un crowdfunding (financement  participatif) par exemple. Mais cela demande beaucoup de temps et une forte mobilisation en ligne. Et ce n’est pas toujours couronné de succès.
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Certaines organisations locales ou réseaux alternatifs essaient d’aider et cette solidarité encore une fois est rmarquable. Néanmoins, elle n’apparaît pas toujours suffisante face à la demande croissante de la population en produits naturels.
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Le désespoir pousse parfois des paysans au pire

De plus, dans certains pays, les lois gouvernementales ou les décrets européens ne sont pas souvent conçus pour aider les petits agriculteurs… En France par exemple, de nombreux agriculteurs se suicident chaque année parce qu’ils ne peuvent pas payer leurs lourdes charges, parce que la concurrence des “gros” est rude et/ou parce que le prix de vente de leurs produits devient tout simplement une peau de chagrin – alors que la revente de ces derniers par les intermédiaires montrent des marges profitables !
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Quant à ceux qui démarrent ou qui se reconvertissent en bio, ils attendent les subventions promises par l’Europe ou par leur gouvernement respectif pendant parfois deux ou trois ans ! Les moyens financiers lorsque vous commencez l’agriculture biologique ne sont pas équitables. Du coup, certains agriculteurs doivent même revenir à des pratiques intensives ! Cela s’est vu en Grande-Bretagne. Inconcevable !
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Alors qu’au contraire, on le sait, les agriculteurs qui pratiquent l’agriculture biologique depuis toujours – ou depuis quelques années ou décennies – vivent bien aujourd’hui, avec un revenu normal. (Exemple du pionnier André Pochon.) Ils produisent de la qualité, pas nécessairement en grand volume, mais le fait est qu’au final, c’est aussi plus rentable économiquement tout en préservant la santé et l’environnement. C’est d’une équation si simple qu’un enfant de 6 ans doit se demander pourquoi utilise-t-on encore des pesticides. Alors que des bio-alternatives existent ! Le curseur des esprits doit se déplacer pour faire autrement. Question de volonté.
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Et il n’y a pas qu’en Europe que la vague de suicides des paysans a lieu. Elle a pris ses aises aussi en Inde et jusqu’aux États-Unis.
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Les banquiers ne se préoccupent que de profits et pas de l’avenir (mais ceci est valable vis-à-vis de tout entrepreneur). Or les agriculteurs devraient être exempts de frais pour le travail intense qu’ils font. C’est le plus vieux métier du monde et le plus noble que celui de nourrir la planète.  À propos, dans le cadre de sa feuille de route post-Brexit, le Royaume-Uni a récemment parlé de l’idée de récompenser l’agriculture biologique… C’est précisément l’une des raisons de BioCoin ! 
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Quoi qu’il en soit, c’est le signe que les gouvernements se demandent comment inciter à de meilleures pratiques. Une carotte ? pourquoi pas. Quoi que notre approche ne soit pas d’inciter au sens de récompenser,  mais véritablement de soutenir. Ainsi qu’en est-il d’une crypto que tout le monde pourrait utiliser dans le monde entier, un éco-jeton qui apporterait des investissements avec une valeur croissante ?
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Sinon, aux États-Unis, une organisation offre des récompenses, sous formes de produits pour la ferme, aux agriculteurs qui se converstissent à l’agriculture biologique : mais derrière cette organisation, on découvre Kashi… une marque de petit-déjeuner Kelloggs (celle avec un si mauvais sucre). Sans commentaires !
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Mise en perspective chiffrée

Le Ministère américain de l’Agriculture (USDA) tient son recensement régulier des populations tous les 5 ans. Le nouveau rapport 2017 (chiffres depuis 2012) n’a pas encore été publié, mais voici quelques données intéressantes qui émergent des dernières analyses :
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  • l’âge moyen d’un agriculteur américain ordinaire se rapproche de 60 ans.
  • en 20 ans (de 1992 à 2012) : 250 000 petites et moyennes fermes ont été fermées et 35 000 nouvelles fermes de grande taille sont apparues ; la consolidation des terres semble être en cours.
Néanmoins… et c’est ce qui intéresse BioCoin :
  • le nombre de jeunes agriculteurs de moins de 35 ans a augmenté pour la deuxième fois au cours des 100 dernières années.
  • de 2007 à 2012, près de 2 400 nouveaux jeunes agriculteurs sont entrés sur le marché, alors qu’environ 100 000 agriculteurs âgés de 45 à 54 ans l’ont quitté.
  • dans certains États, le nombre de nouveaux agriculteurs a augmenté de plus de 20 % (Californie, Dakota du Sud, Nebraska).
  • 69 % des jeunes agriculteurs sont allés à l’université ; un pourcentage beaucoup plus élevé que l’indicateur global de la population totale du pays.
  • les jeunes agriculteurs sont bien éduqués : ils quittent les villes, ils deviennent des agriculteurs pour la première fois, ils n’ont pas été élevés dans les familles des agriculteurs.
  • les jeunes agriculteurs ne sont pas enclins à utiliser des pesticides/herbicides, et sont orientés vers les produits biologiques.
  • ils démarrent leur activité par de petites fermes (50 acres) et étendent généralement leur territoire tout en devenant plus expérimentés.
  • le manque de capital de départ et l’accès au financement pour l’achat de matériel sont les principaux facteurs qui freinent leur développement.

Ce dernier point est la raison d’être du projet BioCoin !

Jeunes, écologie, avenir : une génération prête à protéger la planète et à voir moins grand

Tout ceci est dans donc la nature de BioCoin, dont l’approche est de promouvoir la mise en place et le développement des petites surfaces les plus écologiques, quelles que soient les pratiques choisies : bio, permaculture, agroécologie, biodynamie…
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 Le local, les circuits courts sont de plus en plus demandés et c’est une excellente chose. Maintenant, n’oublions pas que nous sommes plus de 7 milliards de gens à nourrir, et que l’économie dominante continue toujours le commerce international d’export-import sur la base de la compétition entre les différents pays du monde (nombreux). De plus, les très grandes villes n’ont pas toutes des maraîchers bio à portée de main.
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En plus, le foncier est un sujet tout aussi important : la surface de terre arable n’a rien à voir avec la taille d’un pays. La France, par exemple, a toujours eu beaucoup de place pour son agriculture (principalement intensives depuis 60 ans), alors que la Chine par exemple n’a pas tant que ça de terres arables, en tout cas pas autant qu’elle le souhaiterait pour assurer sa production interne.
C’est pour cette raison qu’il y a de plus en plus de privatisations foncières (achat de terres ou d’entreprises agroalimentaires, en France notamment, par les Chinois). Aujourd’hui, 20 % des terres arables françaises appartiennent à des entreprises privées et non plus aux paysans. C’est pourquoi il est fondamental de préserver le maintien des ces derniers sur leur territoire et avec des moyens à la hauteur.
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De la fourche peercoin à la fourche paysanne

BioCoin est fait pour aider et intensifier le développement de l’économie verte : une agriculture aux cultures naturelles, des produits sains, frais (donc plutôt locaux) et évidemment de qualité. Utilisant la technologie blockchain basée sur la fourche PeerCoin, BioCoin a décidé de monter un écosystème (ou réseau) autour d’un programme de fidélité que les professionnels peuvent rejoindre et s’accaparer, et visant à récompenser tout acheteur par des BIO.

Les biocoins ont pour vocation d’être utile principalement aux éco-acteurs qui en ont le plus besoin, à commencer par les paysans ! Les bio-convertis de longue ou de fraîche date doivent faire preuve de patience. Et dans ce domaine, s’installer, se développer avant de pouvoir retirer “le fruit de son travail” demande d’avoir les reins solides, quand on sait qu’une reconversion par exemple demande trois ans au moins. Les moyens financiers sont souvent dans la balance.

L’objectif de BioCoin est de fournir une solution plus rentable aux acteurs de l’économie verte, surtout au démarrage. Le micro-crédit en biocoins pourra rapidement aider par exemple. Et la demande des populations pour plus de naturel grandit…

N’oubliez pas que si vous voulez garder votre santé, vous ne devez pas négocier avec la qualité. Alors il est temps d’être coopératif.

Le logo du projet BioCoin, élaboré par l’équipe de LavkaLavka, arbore un un paysan et sa fourche : une image forte de l’activité rurale, emblème utilisé par la coopérative depuis ces débuts. Cet outil qui traverse le temps est un symbole fort.

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