Penser global, agir local

Local et global sont deux notions qui semblent diamétralement opposées.

“Think global, act local” est une citation de plus en plus répandue. Mais que veut-elle dire ? Global et local sont des mots aux définitions contraires. Alors comment faire ? Regardons de plus près les verbes auxquels ils sont liés : penser et agir.

  • Penser globalement signifie que nous devons être réellement conscients que tout être humain vit sur la même planète, dans un environnement mouvant géré par la biodiversité dans le cadre des lois de la nature. Et que chacun de nos actes a un impact pour tous. La Terre est une. La vie est une. Si nous nous coupons de cette idée, nous sommes perdus. Cela signifie que nous devons avoir une vision holistique du monde – avec ses différences à l’intérieur des cultures et des sociétés, dans chaque territoire, dans chaque communauté.
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  • Agir localement est une évidence. Sur le plan économique, cela signifie que les produits alimentaires en particulier devraient être proposés sur la base des ressources locales et vendus localement pour les plus frais d’entre eux. Bien sûr, les produits transformés (conservés dans un pot en verre par exemple) peuvent avoir une durée de vie plus longue et éventuellement voyager n’importe où, à condition que leur transport n’ait pas d’impact sur l’environnement.

Agir localement en pensant globalement : apporter des réponses à un territoire en les adaptant à l’environnement et en anticipant leurs conséquences sur la planète. Ici, le concept de développement durable s’inscrit dans cette approche.

L’idée d’IMPACT s’applique aux humains, aux animaux, à la nature (air, sol, eau et ressources), dans un court laps de temps aussi bien que sur un temps plus long. Ce que l’on appelle le «progrès humain» réside dans cette véritable conscience et non dans le dernier gadget technologique rentable.

Comment appliquer ces notions à travers le monde ?

Entre l’innovation, le développement durable et la préservation de la nature, le lien commun pourrait s’appeler «culture». Il n’est pas nécessaire de prétendre à une notion intellectuelle. Juste d’être responsable. Mais c’est aussi une question d’éducation, d’exemple et d’imprégnation.

La biodiversité est sur le point de disparaître et le minimum que nous pourrions faire est de ne pas toujours parier sur l’IA ou trop d’objets connectés, car nous devons renouer avec notre environnement, c’est-à-dire la Nature.
Être innovant signifie apporter de meilleures fonctionnalités dans la vie quotidienne des gens ; une vie meilleure signifiant, avant tout, une bonne santé. Et qu’est-ce qui apporte le meilleur impact sur notre santé ? Les aliments !

La mondialisation a poussé de plus en plus de compétitions entre pays, entre les entreprises aussi et même entre artisans locaux. Mais la concurrence est une source de stress et son objectif (de plus en plus de profit) ne se soucie pas beaucoup du reste.

Aujourd’hui, de plus en plus de gens réclament une traçabilité et de bons produits. Ils en ont marre des grandes surfaces, sachant que quelques multinationales se gavent derrière leur dos et sont encore sans scrupules quant à la qualité des aliments qu’ils vendent, le but étant toujours plus de bénéfices au détriment des petits.

Circuits courts : la tendance qui monte

De plus en plus de réseaux locaux se créent pour répondre à la demande, en augmentation, de la population qui souhaite connaître l’origine des aliments, voire comment ils sont produits. Un circuit court de l’approvisionement est aussi une alternative pour casser la main-mise des grands groupes sur les petits producteurs.

Partout, vous pouvez voir des paysans sur les marchés locaux, soit en solo, soit ayant rejoint un réseau ou une coopérative pour vendre leurs produits directement aux consommateurs. Un retour à la logique finalement. Plus le produit frais est vendu rapidement et sur place, plus il garde ses saveurs, ses vitamines et ses nutriments.

Mais attention : ce n’est pas parce que votre produit frais vient de chez le voisin qu’il est pour autant sain, bio ou suffisamment naturel pour votre santé… Comment savoir la façon dont le petit producteur a cultivé ses fruits ou légumes ? Après tout, il a très bien pu utiliser un peu de produits chimiques, sans le mentionner. Ainsi, seul le produit frais, bio et local devrait être une référence si vous recherchez un réel bénéfice pour votre santé. Les labels bio officiels basés sur des normes standards, sont de bons indicateurs bien sûr, mais encore faut-il savoir qu’ils ne prouvent pas un produit 100 % bio. La confiance devient alors un grand défi.

Le fait est que lorsque vous connaissez l’histoire du producteur et sa manière de produire, la confiance peut s’établir. Si ce fermier est local et que vous le connaissez depuis longtemps ou qu’il a bonne réputation, qu’il ait un label bio ou non, vous permet de savoir où vous mettez les pieds. La question de la confiance, notamment en termes de traçabilité du produit, est fondamentale.

La technologie blockchain peut apporter une réponse conséquente au niveau de la traçabilité alimentaire. Le temps est venu où l’on ne pourra bientôt plus dire “on ne savait pas”. La vie est sacrée. Les agriculteurs biologiques (naturels) locaux et les acteurs éco-responsables le savent très bien.

Lire aussi cet article (en anglais) : https://www.telegraph.co.uk/sponsored/education/festival-of-the-imagination/11844122/think-global.html

L’avenir de la monnaie locale dans le cadre de la crypto

Une autre tendance est apparue il y a déjà plusieurs années : la monnaie locale. Celle-ci reste en papier et est utilisée uniquement sur un territoire spécifique. L’idée semble belle… si vous ne bougez pas. Elle est même considérée comme une alternative à la monnaie nationale.

Elle présente néanmoins plusieurs limites :
– l’impression demande du papier dont la fabrication nécessite eau et énergie ;
– les biens et services sont certainement locaux, mais limités, de fait, aux marchés et aux commerces du village qui a accepté ce type de paiement hyper local ;
– elle est lié à un système légal, dont les règles ne sont pas toujours facile à gérer ;
– cette monnaie papier est réservée à un petit nombre de personnes, parmi une population locale, qui a accepté de l’utiliser. Si vous êtes de passage, vous payez le produit dans la monnaie nationale – et un touriste étranger fera de même après avoir échangé ses devises pour de l’euros. De plus, si vous êtes un de ces utilisateurs locaux et que vous vous rendez en vacances dans une autre région qui a mis en place le même système mais avec une autre monnaie papier, vous ne pouvez pas utiliser cette dernière, et ne pourrez acheter des produits locaux qu’en euros. Votre propre monnaie locale restera dans votre porte-monnaie.

Ce n’est pas pratique. Car ici, de par la nature du support (papier) de ces monnaies, le champ d’action est très limité et du coup peu ouvert aux autres. Pensez local, oui, pourquoi pas ? Ces moyens de paiement hyper locaux sont considérés comme ayant par ailleurs un aspect social et responsable lorsqu’ils sont créés pour encourager l’achat de biens et services locaux. Ils sont fait pour inciter les gens à privilégier l’achat de produits locaux. C’est très bien. Or,  même en étant sur ce territoire, vous pouvez choisir d’acheter local, que votre monnaie soit local ou non. Alors où est la réelle différence ? Vu de l’extérieur, cela peut créer des “communautés” perçues comme peu ouvertes puisque réservées au petit nombre qui possède une monnaie locale.

En Amérique du Sud, des communautés locales sont d’ailleurs en train de réfléchir à créer leur propre jeton – à l’instar des monnaies locales mentionnées plus haut, mais non plus en papier. Un jeton dématérialisé et décentralisé, plus pratique, et qui permet aussi bien de soutenir des causes et activités locales avec une souplesse “globale”. Et pour un touriste, il suffirait de deux clics sur son appli mobile pour une transaction !

Simplifier et rendre accessible globalement pour mieux vivre localement

Maintenant, l’idée est d’agir localement et de penser globalement. Si vous réfléchissez à un futur proche, a priori, on va de plus en plus gérer notre argent et autres transactions de manière dématérialisée – via smartphone, labtop, tablette… bref depuis des applis, cela ne fait pas un pli…
Les monnaies locales en papier sont juste complémentaires. Et vous devez toujours les obtenir à partir de la devise nationale, pour les échanger : encore une action physique contraignante pour la jeune génération branchée qui attend une gestion hyper facile et rapide aujourd’hui.

En outre, la mondialisation et les mouvements actuels de population exigent des moyens de paiement pratiques, faciles et rapides.
Les vraies devises alternatives dans les années à venir seront les devises crypto. Avec elle, vous êtes en mesure d’acheter n’importe quoi où que vous soyez. Pour l’instant, le Bitcoin commence à se répandre comme un moyen de paiement facile dans les pays où il est autorisé, que  ce soit sur des boutiques en ligne ou auprès d’entités physiques. Mais le Bitcoin est une pièce qui reste basée sur une méthode non-écologique appelée preuve de travail (proof-of-work), consommant beaucoup d’énergie.
Certains travaillent d’ailleurs à trouver le moyen de miner à partir d’énergies alternatives ou recyclées, ce qui est une bonne chose. Les choses évoluent petit à petit et de toute façon, on n’a pas le choix que de mettre en place les solutions qui évitent un impact négatif supplémentaire à notre Terre.

En attendant, rappelons que notre BioCoin est basé sur la méthode preuve d’enjeu (proof-of-stake) dont la consommation d’énergie est une consommation normale, bien moins énergivore que la méthode utiliser pour le Bitcoin…

Le monde change et de plus en plus de devises crypto apparaissent. Même les gouvernements pensent à créer leur propre monnaie numérique…

L’éco-jeton BioCoin a été créé pour être utilisé dans le monde entier et dans l’économie réelle. Et la question de l’achat local ne se pose plus car vous allez pouvoir le faire facilement. Et partout dans le monde. Le projet BioCoin a également été créé pour soutenir les entreprises et les agriculteurs locaux dans la mesure où ils offrent des produits, de la nourriture ou des services plus écologiques. Pas seulement pour une population spécifique sur un territoire, mais pour tout le monde et, nous l’espérons, à terme dans chaque recoin de la planète.

En fait ici, avec des transactions dématérialisées, la question du local ne se pose plus : à partir du moment où vous avez un portefeuille électronique dans votre mobile, il n’y plus de frontières – c’est la définition même de la notion de “décentralisé“. Les cryptos-monnaies n’ayant pas de frontières, ces moyens d’échanges ont un caractère global par nature.

Penser globalement, agir localement : certes. Mais n’oubliez pas également de penser “vert” partout où vous êtes installés si vous voulez une vie durable. Penser globalement, c’est penser à la planète. Agir localement, c’est agir pour la planète. Donc pour ses habitants…

Cet article est la traduction de notre réflexion en anglais sur notre blog sur Medium.

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