Nature du jeton BioCoin dans la sphère crypto

Fin décembre, une intéressante émission de France Culture nous a soulevé une petite réflexion. Citation d’un court échange sur la crypto…

France Culture 27-12-2017 : L’invité des Matins (“L’IA sera-t-elle à l’origine de la prochaine crise ?”)
Le Bitcoin vu par l’antropologue Paul Jorion (transcription d’une partie de l’interview) :
Source : https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins-2eme-partie/linvite-des-matins-2eme-partie-mercredi-27-decembre-2017

Paul Jorion : “Le phénomène du BTC est un phénomène ancien qui n’a pas de rapport avec le numérique, si ce n’est qu’une certaine protection est offerte aux opérations mais encore, pas autant que ses promoteurs le disent, qui fait qu’on n’a pas besoin de gendarmes pour trouver des faux-monnayeurs, pour les mettre en prison etc. Ceci dit, il faut appeler ce jeu de monnaie – c’est un mauvais jeu de mots –, il s’agit d’un jeu ; c’est l’invasion des jeux d’Internet à l’intérieur de la finance. Alors ça amuse parce que le prix monte et ça desespère quand le prix baisse…”

Florian Delorme : “Ça amuse beaucoup de monde visiblement. Vous avez vu que Goldman Sachs va mettre en place une équipe de traders pour faire justement des transactions sur le bitcoin ?

PJ : “Oui, mais il faut toujours un peu se méfier de ce que fait Goldman Sachs car l’on sait que c’est le bras armé du gouvernement américain et souvent quand Goldman Sachs se lance dans un domaine, c’est une manière pour le gouvernement américain de surveiller ce qui s’y passe. On l’a vu, la remontée des marchés boursiers à partir de 2008 était orchestrée par Goldman Sachs, qui faisait ce qu’on lui demandait de faire. On n’aime pas beaucoup parler de nationalisation aux US, mais voilà, dans les décisions qui sont prises, celles de Goldman Sachs sont souvent très très proches de celles du gouvernement américain au point qu’il est difficile de distinguer l’un de l’autre. Non, il ne s’agit pas d’une monnaie, parce qu’aucun des caractères qui définit la monnaie n’est représenté par le Bitcoin. C’est un jeton. C’est un jeton qu’on vend et qu’on achète. Mais le processus ressemble plus à ce qu’on appelle la cavalerie, la pyramide, ou le schéma de Ponzi pour reprendre une expression américaine que l’on utilise beaucoup.”

FD : “Vous dites que c’est un jeu. Mais c’est un jeu qui aujourd’hui à un peu plus de 200 milliards de dollars – bon c’est un dixième du dollar américain, mais est-ce qu’un éventuel crash du Bitcoin pourrait engendrer une crise systémique comme on en a vécues ?

PJ : “Non, c’est encore trop petit. Ce qui serait extraordinaire, c’est que l’on permette justement à des jetons de venir concurrencer de véritables monnaies. Parce que des monnaies représentent quelque chose. Les monnaies représentent une richesse, celle d’un pays qui émet cette monnaie. Il y a une contrepartie. Ou alors quand vous avez des pièces en or, eh bien vous pouvez les revendre au prix de l’or. C’est quelque chose. Ici, il n’y a rien, il n’y a absolument rien sauf le jeu, le jeu lui-même. C’est-à-dire la confiance des jeux. J’avais utilisé une expression il y a quelques années, quand on me demandait ça à propos du Bitcoin, j’avais dit c’est comme si vous preniez au sérieux des billets de Monopoly et des personnes s’échangeaient entre eux des choses avec des billets de Monopoly, et puis tout à coup quelqu’un disait “bon, on arrête le jeu” et à ce moment-là, on tout le monde constate que ce n’était pas une monnaie. Une monnaie doit représenter quelque chose, elle doit être adossée, comme on en dit en finance, à une richesse réelle.  Dans ce cas-ci (Bitcoin), elle ne l’est absolument pas, c’est juste la confiance des gens qui l’émettent.”

FD : “Cela dit, de nos jours, les monnaies réelles sont de moins en moins adossées à des valeurs réelles.

PJ : “Non, elles sont toujours adossées à des richesses qui sont produites, à des économies. Sinon, ça ne pourrait pas fonctionner. Ça doit représenter quelque chose. C’est pour cela que l’on demande aux banques centrales par exemple de réguler la monnaie, de faire en sorte que les prix soient stables, en leur permettant d’émettre et de retirer de la circulation des sommes qui correspondent à la richesse qui a été créée ou non dans le pays. On peut anticiper, on peut anticiper une reprise comme on l’a fait avec la planche à billets – quantitative easing comme on appelait ça aux États-Unis et en Europe –, mais là, c’est simplement anticiper une reprise qui devrait venir.”


BioCoin, une crypto-monnaie terre à terre

Le BioCoin est unique en son genre justement parce qu’il est le premier asset numérique directement adossé à l’économie réelle, une économie liée au secteur de l’alimentation, de l’agriculture biologique et de l’environnement, regroupant également tout éco-produit ou projet créant des produits et services dans l’économie réelle.

BioCoin n’est pas un jeu. C’est un instrument financier qui a pour vocation de s’inviter dans les transactions de la vie quotidienne !

En Russie, la banque centrale réfléchit à réguler ces nouvelles monnaies crypto et partant, s’apprête à créer un incubateur de start-up dont les projets relèvent de la technologie blockchain. BioCoin et son jeton BIO sont d’ailleurs parmi les premiers projets à avoir été invités à rejoindre la pépinière.

Le projet BioCoin, comme vous le savez, est transparent. Il a été créé par la coopérative agricole LavkaLavka dont le but originel est de proposer un outil monnétaire accessible aux petites et moyennes fermes, ces agriculteurs ayant beaucoup de mal, là-bas comme partout dans le monde, a obtenir des prêts de leur banque classique. Il se trouve que derrière ce jeton biocoin, il y a des produits et services concrets, produits par et pour l’économie réelle, à l’intérieur de laquelle, l’enjeu ciblé est principalement celui de l’alimentation, avec une volonté affirmée de pousser les professionnels à revenir vers ou à choisir une production naturelle…

Non, BioCoin n’est absolument pas une énième “altcoin” créée pour s’amuser ! Et même s’il s’affiche dans la sphère des transactions crypto – parce que son jeton est basé sur une blockchain –, sa nature et son ambition vont bien au-delà, s’appuyant sur des enjeux écologiques (les terres, la capacité à nourrir la planète localement en biologique tout en préservant l’environnement), sanitaires, sociaux et donc économiques.

Le but est de contourner les méthodes classiques et surrannées des multinationales qui ne prêtent aucune attention aux “petits”, aux locaux”, ceux-là même qui peuvent nourrir un territoire. Et la Terre est une addition de territoires…

Le jeton BioCoin a les pieds sur terre et pourrait très bien un jour concurrencer les monnaies réelles, dans le secteur notamment de l’économie verte car cette forme d’économie devrait être la priorité et la principale activité de commerce responsable de ce siècle ! Préserver les ressources ; soutenez votre agriculteur local et l’économie verte en général !

 

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