Économie verte : oui, mais pas n’importe laquelle !

Ce que l’on appelle “économie verte” est un concept bien pratique pour certains qui pensent du coup qu’on n’est pas obligé de remettre en cause la notion d’économie, terme qui pourrait être remplacé par “commerce” d’ailleurs car la définition de l’économie est plus que cela. La coopérative LavkaLavka, fondatrice du projet BioCoin, sait très bien de quoi elle parle, elle. Voyons cela.

Le domaine de l’alimentaire, et particulièrement celui de la production agricole, n’est pas un secteur comme les autres : il touche en effet à une nécessité vitale, celle de se nourrir. Nous ne sommes pas dans l’industrie du jeu vidéo par exemple, n’est-ce pas ? Ici, les enjeux ne sont pas seulement économiques puisqu’un être humain qui ne peut se nourrir meurt au bout de quelques dizaines de jours. Certains qui sont habitués au jeûn tiennent assez longtemps, mais – et même si un jeûn régulier de 24h ou de trois jours peut être salutaire – notre organisme a besoin de faire rentrer du carburant pour vivre.

Nous avons des ressources en abondance. Le problème est que l’industrie agroalimentaire a posé ses jalons il y a plusieurs décennies, occupant le terrain (si l’on peut dire) et jouant avec les humains comme on jouerait avec des billes (la rentabilité du marché passant avant la santé). Car si l’on trouve aujourd’hui – du moins dans les pays riches – des rayons de denrées à ne plus savoir qu’en faire, quid de la nature même de ces produits ?

Eh oui, la quantité est une chose, la qualité en est une autre. Tout ce que l’on avale n’est pas sans conséquences. Sans parler de tout ce qui, indirectement, impacte négativement l’environnement par des pratiques peu regardantes. Et nous ne sommes pas encore sortis de ce schéma. Les signes de changement sont là, mais le chemin est long. La nourriture n’est pas un jeu.

Farm-to-table : une idée vieille… comme le monde

Le projet BioCoin, porté par LavkaLavka, défend les petits, les locaux, les fermiers qui prennent leurs responsabilités, en héros de nos campagnes, malgré une vie parfois difficile. Le but aujourd’hui est d’éclairer et de favoriser une sorte non pas de retour aux sources philosophiquement parlant – cela ne signifie évidemment pas un retour à la bougie –, mais une approche simplement plus sensée de notre environnement. Pourquoi un produit naturel ne resterait-il pas naturel, jusqu’à ce qu’on le retrouve dans notre assiette et qu’on l’avale ? Et selon sa nature à être acheté et consommé frais, ou bien transformé, quid de l’impact de son transport par exemple. Un fruit ou un légume biologique frais est plus bénéfique à notre santé s’il est consommé au plus près en termes de géographie et au plus court en termes de délai de consommation.

Quant aux produits plus ou moins transformés, la question à la fois des ingrédients et du processus de fabrication est à poser (traçabilité). Et encore, l’on pourrait évoquer également – pour aller au bout de la logique –, la nature du packaging lui-même (par exemple pot de verre ou sempiternelle plastique), etc. Alors oui, tout de suite, on peut entendre fuser : “Et les coûts de fabrication alors ?

Tout est là. Oui, une production ou une transformation ont un coût. Et il est logique de le retrouver répercuté dans le prix du produit. Ce qui blesse dans le système actuel, le plus souvent, est le surcoût engendré par les intermédiaires, souvent trop nombreux, parmi lesquels le distributeur grande surface qui n’a aucun scrupule à se gaver via des marges scandaleuses, totalement inéquitables vis-à-vis de celui qui a cultivé ou produit. Le directeur d’une grande surface ne fait que de la gestion, pas de l’agriculture, et a des comptes à rendre à un grand groupe.

Face aux situations ubuesques, inconcevables et parfois dramatiques vécues par beaucoup d’agriculteurs ou autres producteurs, dans de nombreux pays du monde, aujourd’hui les circuits courts se développent heureusement de plus en plus. Merci aux consommateurs avertis qui ont compris l’équation. L’équation ? Elle est simple : plus vous protégez votre paysan bio local, plus vous protégez votre santé. (De même que vous protégez l’environnement de votre territoire et jusqu’à la vie sociale d’une communauté.)

Car une autre notion en jeu est aussi celle de la santé. Le secteur de l’agroalimentaire et ses méthodes de production telles qu’on les connaît, fait partie des activités responsables d’un désastre à la fois écologique et sanitaire. Pour les amis de la coopérative LavkaLavka, et par extension du projet BioCoin, l’amour de la vie et le respect des autres priment. Une des démarches de notre réseau, dès l’origine, est par exemple de retrouver le goût des bonnes choses, en remettant en avant des races animales ou des espèces de légumes ou de fruits qui avaient quasiment disparu. On les appelle les produits du terroir. La diversité est une richesse et la nature n’a pas de prix.

L’économie verte” n’est pas une fin ;
ce n’est qu’un moyen au service du développement humain.

L’économie devrait être systématique “verte”. Rêvons qu’un jour ce terme d'”économie verte” devienne un pléonasme.

Quand on dit que BioCoin a été créé pour le développement de l’économie verte, qu’est-ce que cela signifie exactement ?

Voici quelques chiffres provenant du ministère américain de l’Agriculture qui tient un recensement des populations tous les 5 ans. Or certains points émergeant de la toute dernière publication nous semblent intéressants :

  • L’âge moyen d’un agriculteur américain ordinaire se rapproche de 60 ans ;
  • de 1992 à 2012, 250 000 petites et moyennes fermes ont fermé et 35 000 nouvelles grandes ont été créées…

La consolidation des terres semble toutefois être en cours. Et c’est le sujet de BioCoin. Autres informations intéressantes :

  • le nombre de jeunes agriculteurs (de moins de 35 ans) a augmenté pour la deuxième fois au cours des 100 dernières années ;
  • de 2007 à 2012, près de 2 400 nouveaux jeunes agriculteurs sont entrés sur le marché ; alors qu’environ 100 000 agriculteurs âgés de 45 à 54 ans l’on quitté. Dans certains États, le nombre de nouveaux agriculteurs a augmenté de plus de 20 % (Californie, Dakota du Sud, Nebraska) ;
  • 69 % des jeunes agriculteurs sont allés à l’université… : c’est un pourcentage beaucoup plus élevé que l’indicateur global de la population totale du pays ;
  • les jeunes agriculteurs sont bien éduqués, ils quittent les villes et deviennent des agriculteurs pour la première fois, ils n’ont pas été élevés dans les familles des agriculteurs (on les appellent parfois des “néo-ruraux”, ndt) ;
  • les jeunes agriculteurs ne sont pas enclins à utiliser de pesticides ni d’herbicides, mais sont orientés vers les produits biologiques ;
  • ils commencent par de petites fermes (50 acres) et ils étendent généralement leur territoire tout en devenant plus expérimentés ;
  • le manque de capital de départ et l’accès au financement pour l’achat de matériel sont les principaux facteurs qui freinent les progrès.

Le dernier point est capital (sans jeu de mots) aux yeux de l’équipe de BioCoin car c’est justement le cœur du problème qui nous a conduit à réfléchir à un outil financier pratique dans le but d’aider ceux qui nous nourrissent avec passion et sans poison.

C’est l’origine même de la création d’une blockchain servant de technologie à notre système (ou programme) de fidélité. Comprendre cette motivation qui est celle de la coopérative LavkaLavka depuis le début, c’est comprendre et partager une vision d’avenir bénéfique à tout le monde, et pas seulement économiquement !

La jeunesse, l’écologie, le futur. Une relève prête à protéger la planète et à voir moins grand

Tout cela est inscrit dans la nature même de BioCoin donc la démarche est de favoriser l’implantation et le développement de petites surfaces agricoles la plus écologique possible, quelles que soient les pratiques – bio, permaculture, agroécologie, biodynamie…

Le local, les circuits-courts sont de plus en plus demandés et c’est une excellente chose. Maintenant, n’oublions pas que nous sommes plus de 7 milliards et que, particulièrement dans les grandes villes –, l’économie dominante, ainsi que les politiques, font que le commerce dit international sous-entend “exportation” ou “importation”, avec toujours une notion de compétition entre les différents pays du monde (et il y a en beaucoup).

De plus, le foncier est un sujet tout aussi majeur : la superficie des terres arables n’a rien à voir avec la taille d’un pays. La France par exemple a toujours eu beaucoup de place pour son agriculture (mais majoritairement intensive depuis 60 ans), alors que la Chine par exemple n’a pas autant de terres arables qu’elle le souhaiterait pour produire en interne. C’est d’ailleurs pour cette raison que se multiplient ici ou là des privations de terre (rachat de terres ou d’entreprises agroalimentaires en France par les Chinois notamment). En France aujourd’hui, 20 % des terres arables appartiennent à des entreprises privées et non plus à des paysans. C’est pour cela aussi qu’il est fondamentale de préserver le maintien de ces derniers sur leur territoire et avec les moyens qui y sont liés. Saluons au passage l’association Terre de Liens qui fait un travail remarquable à ce niveau dans l’hexagone.

“Food is medecine” dit un proverbe Chinois

Par conséquent, quand on parle d’économie verte, il faut savoir ce que l’on met derrière. Les plus avides, les plus gros (les multinationales par exemple), auront tôt fait de parler de croissance verte” du moment qu’ils y voient une opportunité de bénéfices, peu importe que le sujet soit la planète ou pas. Mais on ne peut plus fonctionner ainsi. Beaucoup rêvent de “faire des affaires”, c’est humain, mais on ne peut pas le faire à n’importe quel prix ! Il faut savoir discerner l’hypocrite système qui consiste par exemple à empoisonner des gens à petit feu (malheureusement formés antérieurement à une addiction au sucre) en leur vendant une pate à tartiner industrielle des plus incroyablement non-ecofriendly, de la volonté sincère et du combat quotidien de millions de petites structures qui préfèrent offrir un produit de qualité.

Aujourd’hui, de plus en plus de petits et moyens territoires à travers le monde, se tournent vers des pratiques plus sensées. BioCoin n’a rien inventé en pensant que l’union fait la force. Simplement aujourd’hui, il est impératif de nous donner les moyens de faire mieux.

L’économie verte comme nous, nous l’entendons, rejoint la définition des Nations Unies : “L’économie verte est une activité économique « qui entraîne une amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie de ressources ».
Source.

L’objectif du projet BioCoin est de développer un moyen permettant d’aller dans ce sens. Ni plus ni moins. Et ce n’est pas un jeu, ni un caprice que ce nouveau jeton numérique, mais bel et bien l’espoir de retrouver un équilibre et contribuer à un avenir viable et durable.

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