Crypto-monnaies : des pistes pour recycler l’énergie

La question de l’énergie est cruciale depuis le début de l’exploitation minière cryptographique, particulièrement mise sur la sellette avec le Bitcoin.

Nous avons déjà parlé de la différence entre le mining utilisant la méthode proof-of-work (utilisée pour le minage de bitcoins) plus énergivore que la méthode proof-of-stake (utilisée par BioCoin). Lire ici.

Cette question de l’énergie est directement reliée à celle de l’environnement. C’est pourquoi elle nous préoccupe dans le contexte de notre éco-projet. Nous ne pouvons nous permettre d’être contradictoires ou de faire l’autruche. Et même si toutes ces évolutions (blockchain, cryptomonnaies) tâtonnent encore, avec un recul de dix années maintenant concernant le bitcoin, il est clair que l’énergie dépensée doit être questionnée et travaillée.

Minage et énergie : éviter tout gabegie

Les fermes de minage se multiplient, principalement pour le btc. Il s’agit donc de trouver parallèlement une alternative à un gaspillage énergétique dévorant et antinomique avec le défi écologique planétaire de notre siècle ! Pour nos biocoins, les mineurs (ou forgeurs plutôt), utilisent la puissance de leur écran d’ordinateur ; le processus peut se faire chez eux. Mais toutes ces technologies ont aussi un coût et pas seulement énergétique : des matériaux dont la rareté commence à se faire sentir sont utilisés pour des technologies dernier cri. Alors ? La transition énergétique telle qu’on nous la présente serait-elle un leurre ? Possible puisque, objectivement, on ne fait que déplacer le problème de la pollution…

Eh oui, même les panneaux photolvotaïques utilisés comme énergie renouvelable, dite énergie naturelle ou “solaire” – et même s’ils n’émettent pas de pollution – sont fabriqués au départ avec des matériaux comme des minerais (silicium par exemple ou encore bore, argent, phosphore). Or ces minerais sont en quantité limitée sur la Terre et occasionnent une exploitation polluante et souvent inhumaine. Sachez que pour extraire ces métaux, cela demande de l’énergie, sans parler du transport et de la fabrication.

L’impact vertueux de ces panneaux solaires est donc, là aussi, à relativiser sur le plan de leur production et de leur impact carbone. Et puis quid de leur recyclage quand, à leur tour, les premières générations seront devenues obsolètes ? Bref, on n’en a pas terminé avec une problématique humano-humaine plus large : la gestion de nos déchets.

Énergie, déchet, recyclage : l’intelligence innove pas à pas, mais pas forcément de manière holistique et à long terme. Est-ce une raison pour baisser les bras et ne rien faire ? Non ! Dans l’équipe de BioCoin, l’état d’esprit se montre toujours positif et entreprenant. Le mieux à faire est de prendre le problème dans son entier, et le plus possible à la source, s’il l’on peut. Des éco-solutions sont absolument à privilégier.

Comme nous l’avons déjà évoqué, nous pensons que des solutions existent localement. Des pistes sont déjà en train d’être concrètement testées pour recycler/utiliser l’énergie produite par le hashage cryptographique…

Exemples de solutions en cours

À Irkoutsk, des Sibériens utilisent l’énergie induit par le minage de crypto-monnaies pour chauffer leurs maisons. On peut imaginer que ce chauffage soit également utilisé dans bien d’autres contextes et bâtiments. Une forme d’économie circulaire, à minima de recyclage, permettrait à la fois d’éviter de multiplier les productions – néfaste à la planète – et de diminuer le coût de ces mêmes productions, une fois celles-ci recyclées en permanence.

Lire https://coin24.fr/2017/11/03/siberiens-utilisent-minage-de-crypto-monnaies-chauffer-maisons

Au Canada (région du Manitoba), Bruce Hardy fait de plus en plus parler de lui et intéresse même les Chinois. Ce mineur de bitcoins depuis deux ans s’est interrogé sur ce gaspillage d’énergie. Et aujourd’hui, dans un ancien musée automobile, il a créé une “maison verte” où la chaleur produite par le minage, est reliée par toute une technologie, à des bassins de poissons qu’il élève ou à des petites serres où poussent légumes et autres graines…
Espérant que ces nouvelles productions agricoles et piscicoles générées à l’aide de l’énergie recyclée, soient également sans intrants chimiques par exemple dans la nourriture pour les poissons, la logique étant d’être parfait jusqu’au bout c’est-à-dire de proposer des produits sans OGM… Pour sûr, nous demanderons à Bruce.

Lire : un entrepreneur canadien cherche à recycler la chaleur générée par l’extraction de cryptomonnaie.
Plusieurs articles en anglais sont sortis récemment à son sujet :
http://www.cbc.ca/news/canada/manitoba/bitcoin-mining-greenhouse-fish-farm-1.4470295
https://steemit.com/life/@mstfdmn/a-beautifully-creative-mind-canadian-crypto-miner-has-built-a-system-that-uses-heat-produced-by-mining-to-grow-crops-and-fish

En Russie, nous réfléchissons à cette piste. Pour créer des fermes de minage couplées avec de l’agriculture (ou inversement) et sans nuire à l’environnement. (Sachant que pour le biocoin, “l’exploitation minière” demande largement moins d’énergie que pour le bitcoin.) Des greenfarms de minage crypto qui minimiseraient ou recycleraient totalement la production et le coût de l’énergie, voilà un défi à développer en parallèle de notre soutien à une agriculture plus saine et qualitative. Des lieux fonctionnant en autosuffisance en quelque sorte. La technologie, c’est bien joli, mais cela ne doit surtout pas nous éloigner de notre terre, au contraire. Et puis votre smartphone ne vous pond pas encore des œufs bio que l’on sache…

Soyons plus intelligents et raisonnables au XXIe siècle que nous ne l’avons été précédemment concernant l’alimentation et l’énergie, deux conditions primordiales dans la vie quotidienne des humains.

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