Crypto-monnaies, consommation d’énergie et BioCoin, parlons-en franchement

BioCoin suscite de l’intérêt et pas seulement en Russie.
Sur un forum de jeux vidéo, en français, certains joueurs ont découvert le projet sans forcément avoir tout lu à son sujet, d’où quelques questionnements légitimes*. Tout d’abord, merci à eux de s’y intéresser ! :
http://www.jeuxvideo.com/forums/42-3011927-54519171-1-0-1-0-bio-biocoin.htm

Comme il ne nous apparaîtrait pas opportun de nous immiscer dans la conversation de ce forum pour faire de la publicité pour BioCoin, voici un éclairage pour tenter de rassurer et de préciser certains points qui pourraient paraître légitimement contradictoires, concernant la notion d’écologie, relativement à la technologie derrière la création de ces blocs de chaînes (blockchain) et autres cryptos.

En effet, beaucoup de proses fusent ici ou là, pas toujours au fait exact de la réalité, celle-ci étant de surcroît changeante selon les pièces de monnaies cryptographiques et la technologie utilisée derrière…

Énergie, ordi, hashage et compagnie

Le gros point noir – dont nous avons d’ailleurs déjà parlé ici – est l’idée que pour miner le fameux BitCoin (BTC), première pièce historique à l’origine d’une technologie blockchain, cela demande un fort volume de consommation d’énergie et qui grossit de mois en mois de manière exponentielle, l’algorithme du bitcoin reposant sur la méthode Proof-of-Work (PoW), très énergivore. Alors que d’autres pièces (biocoin), sont générées sur la base PoS, algorithme Proof-of-Stake, ce qui ne demande que l’utilisation d’un ordinateur allumé… Même si ce n’est pas suffisant, c’est déjà mieux que pour le btc. (Il nous semble d’ailleurs logique d’être d’accord avec la vision de cette vidéo.) Le but est évidemment de minimiser l’impact des activités humaines sur la planète.

Que ce soit :
– pour toute activité consommant de l’électricité sur Terre (et là, parlons-en, quand on sait qu’Internet est énergivore, qu’un simple selfie publié sur un réseau social est énergivore, ou encore la pratique d’un jeu vidéo. De qui se moquent ceux qui critiquent ?). À moins de vivre en complète autonomie, il n’y a pas une seule activité humaine qui utilise zéro énergie, que ce soit directement ou indirectement ;
– ou pour l’activité de minting (en mode PoS) à ne pas confondre avec le mining lié au PoW (pour le BTC par exemple), la question de l’impact doit être solutionnée afin d’arrêter de polluer. Nous pouvons le faire. Nous devons changer. Maintenant !

Comprendre la réalité

Il est question de “fermes” : celles-ci ne devant pas être confondues avec les fermes agricoles évidemment (au cas où). Tous les jours, d’énormes fermes de minage voient le jour un peu partout dans le monde ! C’est la condition pour utiliser toutes les crypto-monnaies qui se sont multipliées depuis quelques années. Donc si l’on souhaite un avenir à ces alternatives, autant commencer tout de suite à trouver des solutions au niveau de l’activité de minage. Le problème ici est que l’attraction principale pour un mineur est l’appât du gain, d’où une augmentation quotidienne du nombre de mineurs dans le monde… (Pour l’instant, c’est la Chine qui arrive en tête). Autrement dit, l’intérêt est que l’aboutissement d’un minage, pour un bloc, serve au moins à quelque chose.

S’intéresser aux innovations

Parce qu’on est tous responsables, il faut savoir ce que l’on veut : il se trouve que BioCoin réfléchit à la question depuis le début. Car dans le domaine de la blockchain, le fait d’accumuler des blocs – servant à valider une transaction et à la rendre infalsifiable – va demander de plus en plus de puissance. Il est temps de réfléchir parallèlement à une solution de production énergétique à la hauteur d’une puissance de calcul inimaginable. L’idéal serait de recycler et/ou de récupérer l’énergie consommée par les mineurs pour la transformer en chauffage ou en système de refroidissement, bref, que la chaleur générée ne soit pas perdue. Or, on peut y arriver.

Des essais sont testés un peu partout (pas en France). Ainsi ce Canadien dont l’énergie consommée par son ordinateur est directement envoyée pour chauffer sa petite ferme piscicole et ses cultures de légumes… En Sibérie, l’électricité consommée par le minage est réemployée et permet de chauffer des habitats !

De nombreux autres initiatives commencent à voir le jour. Les articles à ce sujet sont principalement en anglais, comme celui-ci par exemple. La problématique est là, sachons anticiper.


La démarche peut prendre différents axes :

  • travailler sur écran à la fois via une consommation produite naturellement (fourniture d’électricité via énergie solaire, thermique, hydrolique, éolienne) et recyclable si possible.
  • réutiliser l’énergie consommée : soit en la réinjectant dans le circuit national, régional ou directement à l’intérieur de l’habitation.
  • Coupler les meilleures pratiques : à savoir, qu’une ferme agricole peut fonctionner en autonomie (avec panneaux solaires et/ou éoliennes sur mesure) et se mettre aussi au mining (minage) ou au minting (monnayage), la seconde approche étant moins énergivore. Mais l’inverse est plus probable : une ferme de minage devient verte (green farm) en installant par exemple des panneaux solaires sur son toit, ainsi les blocs de chaînes seraient sortis, via les ordis, uniquement grâce à l’énergie naturelle. D’autre part, ces mêmes fermes, ne gaspillent plus l’énergie, puisque celle-ci, qu’elle soit produite ou consommée, retourne à une utilisation, par exemple le chauffage de serres pour cultiver un potager. À terme, on pourrait très bien se retrouver avec une sorte de “double ferme” : à la fois un lieu pour miner tout ce qui est nécessaire à la vie d’une blockchain et un lieu où l’énergie sert à produire des aliments biologiques ! Et BioCoin y travaille*.

* Dans le Far East (Grand Est de Russie), Boris Akimov et son ami Mitya Aleshkovsky ont trouvé où investir une terre pour y créer une “tomato crypto-farm” : une “crypto-ferme de tomates”, qui permettra à la fois de miner et de faire pousser des tomates en utilisant l’énergie générée – évitant tout gaspillage. Et les légumes des fermiers seront vendus contre des bicoins…

Il est évident qu’on ne peut négliger la résolution de la question de la production et de la consommation d’énergie ! Les nouvelles technologies en sont peut-être gourmandes, mais des études poussées pourraient faire aussi ressortir la gabegie des activités classiques à ce niveau. Sachant qu’aujourd’hui, le minage PoS (puissance de calcul) se fait via un simple ordinateur qui ne consomme pas plus qu’une banque avec ses néons et ses distributeurs allumés en permanence ! Un peu de bon sens avant de crier au loup. En effet, si l’on pointait du doigt le gaspillage énergétique réel, non lié à la blockchain et aux cryptos, on devrait se cacher la figure de honte.

Alors oui, une approche plus “vertueuse” doit absolument être internationalement appliquée si l’on veut développer les tech (surtout que la SEC vient tout juste d’approuver les crypto-monnaies semble-t-il)… et si l’on ne veut pas continuer à brûler la terre par les deux bouts, compromettant l’avenir de l’humanité. Si cela s’appelle de l’écologie, alors oui, l’équipe de BioCoin est fière de raisonner de manière écologique ! Aucune idée de production d’électricité “propre” n’est saugrenue (même pédaler sous son bureau), à partir du moment où elle permet de ne pas abîmer la planète. L’intelligence humaine trouvera-t-elle enfin toute sa dimension au XXIe siècle ?

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