Biocoin soutient le développement durable d’un territoire

Tout au Nord de la Russie, un territoire bordant la mer de Barants s’est retrouvé déserté et laissé à l’abandon. Après la sortie du film “Leviathan“, en 2015, et dans le cadre des discussions qu’il a suscitées, Boris Akimov et ses amis ont réagi et se sont rendus sur place pour essayer de sauver un territoire totalement à l’abandon.

Entretien avec Oleg Stepanov, l’un des fondateurs du projet de développement “Big Land” (Grande Terre) :

Quelle est l’origine du projet Teriberka, son idée ?

La coopérative LavkaLavka s’est toujours attachée au développement des territoires. Pour nous, l’une des significations les plus importantes du travail avec les petits et moyens agriculteurs était de redonner vie aux vastes zones rurales du pays (la Russie, ndt), qui se sont vidées dans les années 1990 et 2000. À nos yeux, ce sont des héros que ces “pionniers” qui occupent et équipent aujourd’hui cette terre ruinée et déserte.

C’est peut-être la raison pour laquelle Boris Akimov, mon partenaire dans ce projet “Grande Terre”, a réagi en décembre 2015 à la discussion sur le film Leviathan et s’est rendu sur les lieux du tournage, à Teriberka, pour voir si ce village dévasté et mourant sur les rives de l’océan Arctique pouvait être réveillé et restauré.
S’il réussit, cela deviendra un symbole de la renaissance et du développement pour tout le pays, tout comme le film est devenu un symbole de la dévastation régnante dans le pays. La réaction a été un mouvement spontané, soutenu par tous les partenaires de Boris, du réseau LavkaLavka ainsi que par de nombreux collègues et amis. Tout commence en 2015 avec la création d’un festival bon enfant (“Le Festival de l’Arctique” appelé aussi “Nouvelle Vie”) qui réunit alors plusieurs centaines de personnes.

En 2017, le “3e Festival de l’Arctique, développement durable des territoires Teriberka”, a réuni plus de 7 000 personnes ! Et 250 participants sont venus de toute la Russie – même de Yakutsk et de Novossibirsk – avec aussi des participants étrangers venus des pays de la région arctique : Canada, Norvège, Pays-Bas. Le festival a été soutenu par le gouvernement de la région, par la société SUEK (propriétaire du port de charbon à Mourmansk) et par la Fondation Vernadsky.

Récolte et tri des déchets durant le festival 2015.

Quels résultats avez-vous obtenus ?

En 2017, nos activités pour le développement de Teriberka sont devenues plus importantes que la tenue du festival. Nous avons engagé une nouvelle planification urbaine, de la relation sociale, une recherche et un développement des points de croissance naturelle, et nous nous sommes penchés sur les problèmes environnementaux.
Les premiers résultats ont été la création de 6 hôtels et d’un restaurant. Un petit immeuble a même été construit (le premier depuis 50 ans dans l’histoire de Teriberka) ; les rues principales et adjacentes ont été goudronées. Au cours de l’année 2016, Teriberka a déjà été visité par 43 000 touristes, avec une majorité provenant de Chine !

Quelle est la différence entre Teriberka et d’autres projets similaires ?

Nous nous sommes posé la question : y a-t-il eu beaucoup d’exemples de développement de territoires réussis ? Et quelque chose comme ce que nous avons entrepris en deux ans allait-il vivre le même destin avec des gens obligés de partir et une décision de tout liquider ? Eh bien non. Et je pense qu’en Russie, il n’y a pas d’exemple similaire à ce jour. Nous avons réalisé que non seulement nous avions la volonté de le faire, pour plusieurs raisons, mais que nous y sommes parvenus.

Nous avons créé une organisation non-commerciale “ANO, pour le développement durable des territoires de la Grande Terre”. Aujourd’hui, de nombreuses régions et des entreprises qui travaillent dans des villes mono-industrielles nous copient. Alors, quelle est la différence ? Pour résumer, je dirais que nous avons appliqué le concept de développement durable. Il s’agit d’une tendance mondiale dans le cadre du développement des pays, des régions et des territoires et qui, dans les années à venir, va radicalement changer à la fois les approches du développement et les objectifs et indicateurs de celui-ci.

Nous développons maintenant des approches et un système d’indicateurs mesurables du développement durable pour les petites villes et les zones rurales. C’est un projet innovant car jusqu’ici personne ne l’avait fait, en tout cas en Russie. Jusqu’à présent, des macro-indicateurs étaient élaborés mais applicables seulement aux grandes régions et aux grandes villes. Le plan de développement de Teriberka, que le gouvernement de la région de Mourmansk nous a confié, sera le premier document de ce genre, un plan de développement durable rural.

Peux-tu nous parler de l’équipe qui travaille sur le projet ?

Dans l’équipe, on retrouve les meilleures forces vives intellectuelles du pays, très impliquées : architectes, urbanistes, sociologues, économistes, ingénieurs, biologistes, anthropologues, dont la tâche est de trouver des solutions durables applicables aux différentes régions dans le domaine aussi bien de l’architecture que de l’ingénierie d’infrastructures, de la structure socio-économique, de la conservation des écosystèmes, etc.

Nous sommes sûrs que non seulement les mégapoles peuvent être des moteurs de croissance mais nous souhaitons créer des exemples d’établissements ruraux à la fois modernes et durables qui pourront devenir des moteurs de croissance dans leur propre région, de véritables modèles de développement pour l’ensemble du pays. C’est un projet non commercial ce qui signifie que le but des fondateurs n’est pas le profit personnel : tout l’argent recueilli grâce aux sponsors et aux clients va en totalité au projet.

teriberka.com

En 2018, nous avons un nouveau festival à Teriberka, les 21-22 juillet. Cette année est très intéressante et marque un tournant. Le plan de développement durable est lancé. Des économistes, des sociologues, des chercheurs et d’autres experts se sont rendus au village en janvier 2018 pour commencer le travail sur le terrain et créer quelque chose qui ne doit pas être simplement être une renaissance, mais devenir un modèle de développement durable des petites villes et des villages en Russie.” Boris Akimov.

P.-S. : ajoutons que deux produits de la région, les baies sauvages (photo) et le sel, ont lancé une activité et devraient apporter un plus économique. Des aliments locaux totalement naturels. Les biocoins y trouveront leur place bien sûr…
La technologie blockchain peut aussi jouer un vrai rôle dans le développement, ou renaissance, de territoires durables et dans leur gestion économique. BioCoin y travaille.

 

Teriberka: Green light to tourism (anglais)

Vidéo sur la mobilisation pour Teriberka (sous-titres en espagnol)

Sources images : lavkalavka, Oleg Stepanov, zoomin.tv

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